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Liz Greene
Extrait du livre «Le guide astrologique des relations humaines»: le partenaire intérieur
 
Dans chaque homme sommeille une femme et dans chaque femme sommeille un homme. Cette vérité essentielle n’est pas seulement d’ordre biologique – car nous possédons tous sous une forme récessive les vestiges héréditaires du sexe opposé hors de notre corps – mais également psychologique.

Jung a qualifié ces images transsexuelles inconscientes d’anima et d’animus. Ils sont deux personnages les plus mystérieux qu’explore la psychologie analytique. Anima, principe féminin, désigne l’âme tandis que l’animus, principe masculin, désigne le souffle ou l’esprit. Ces deux principes sont un pont entre le conscient et l’inconscient.

Les individus aveugles à l’opposé sexuel qui les habite, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, ne comprennent jamais qu’ils choisissent tel partenaire parce qu’il ou elle présente une ressemblance avec l’anima ou l’animus.

La colère et la désillusion ressenties lors de la «découvertes véritable» des lacunes véritables du partenaire ne sont en fait que des sentiments dirigés contre soi; et cela deviendrait manifeste si nous étions en mesure de voir le côté ombre de notre inconscient nous pousser vers une relation particulière.

Bien souvent il existe un schème qui précipite l’ego impuissant dans une relation ou des situations qui sont déconcertantes, douloureuses et effroyablement répétitives. La réaction sage consiste à rechercher en soi l’origine du schème, plutôt que d’imputer l’échec au sexe opposé. Car les schèmes destructeurs sont les moyens dont dispose la psyché pour se faire entendre, connaître. Mais un effort considérable est souvent nécessaire pour satisfaire sa demande de transformation. De grands sacrifices s’imposent également – affectant la fierté, l’image de soi, le pharisaïsme de l’individu.

Un des obstacles à la compréhension de ces partenaires intérieurs avec lesquels nous sommes unis à jamais est que nous sommes prisonniers des définitions sociales de la masculinité et de la féminité, ce qui ne laisse peu de place à une expression plus consciente et constructive de l’anima et de l’animus. La masculinité et la féminité sont définies comme un ensemble d’actions, ou schèmes de comportement, alors que ce sont des énergies archétypes qui imprègnent l’ensemble de la vie.

Il est déplorable que tant d’incompréhensions se manifestent à l’heure actuelle, et il est tout aussi regrettable que le concept d’«homosexualité latente» de Freud soit encore une vieille épée de Damoclès pour maintes personnes qui sont convaincues que l’expression du côté transsexuel de leur nature les rendra homosexuelles. Il est plus probable que le contraire soit vrai; car ce que nous nommons homosexualité résulte souvent d’un refoulement complet de personnages inconscients qui – à l’instar de tout autre composant de l’inconscient – deviendront antagonistes et accableront la conscience si l’ego les traite avec arrogance ou dédain. 

Pour maints individus l’anima et l’animus demeurent tout à fait inconscients et sont projetés, à moins qu’ils ne se rebellent contre le refoulement de l’ego et prennent subtilement possession de la conscience à un degré tel qu’ils entament le lien entre l’individu et sa propre sexualité. L’individu risque alors de s’identifier inconsciemment à cet élément inconscient en pensant qu’il est son meilleur atout; et le spectacle alors n’est guère réjouissant car tout ce qui est inconscient, n’étant pas individualisé, possède une qualité très primitive et «inférieure».

La femme dominée par l’animus oublie souvent que les arguments qu’elle avance et les opinions apparemment intelligentes mais souvent dogmatiques qui gouvernent son esprit ne sont pas le fruit de sa propre réflexion mais de simples emprunts. Elle avancera dans la vie chargée comme un baudet, intimement convaincue que les hommes cherchent à la dominer et ne comprendra jamais qu’elle se trouve en réalité sous la coupe de l’homme inconscient qui sommeille en elle; en conséquence elle pense qu’elle doit d’abord prouver sa supériorité aux hommes. Cela n’a rien à voir avec la femme qui aspire vraiment à se comprendre et à s’épanouir.

L’homme sous l’emprise de l’anima, inconscient de sa morosité, de sa compulsion, de sa vanité personnelle et de sa susceptibilité, répandra autour de lui une atmosphère viciée. Il est intimement convaincu de devoir amener les autres à faire ce qu’il désire et il perd en conséquence son honnêteté foncière. Il se peut aussi que ses paroles et ses actes soient recouverts de la patine de l’affectation, ce qui explique qu’il donne l’impression d’être toujours sur une scène, en représentation, plutôt que de communiquer avec autrui.

A l’instar de partenaires, ces deux archétypes ne souffrent pas d’être dominés, comme Lilith qui demande à être reconnue, faute de provoquer de graves sabotages inconscients; et ils exigent que nous participions à leur reconnaissance consciente et que l’ego fasse preuve d’humilité à leur égard. Une union réelle et profonde n’interviendra au sein de l’individu que grâce à la reconnaissance de ces personnages.

L’intégration de l’ombre, c’est-à-dire le fait de rendre conscient l’inconscient personnel, représente la première étape du processus analytique, sans laquelle une connaissance de l’anima et de l’animus est impossible.

 

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