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Les quatre niveaux d’interprétation d’un thème

La psychologie humaniste de MASLOW parle d’une hiérarchie de besoins chez les êtres humains.
RUDHYAR, par contre, parle d’une hiérarchie de fonctions et  il est évident que les êtres humains peuvent opérer à plusieurs niveaux d’activité,
en fonction d’une conscience dont la portée et le pouvoir augmentent mentalement à chaque niveau successif.

Niveau biologique

Tous les  êtres humains agissent à ce niveau, en tant que corps comme organiques physiques. Ils agissent et réagissent pour satisfaire quelques fonctions de base –
la respiration, la circulation sanguine, le métabolisme, l’adaptation à la température et aux situations existentielles. L’autoprotection au moyen des systèmes nerveux. L’auto-reproduction au moyen du sexe.
Chacune de ces fonctions a des correspondances au niveau psychique, bien mises en évidence dans le yoga et par Jung.
Ce sont les impulsions et émotions, ainsi que le sentiment global d’être un organisme particulier différent d’autres organismes.
Ces besoins biologiques trouvent leur synthèse dans le besoin de sécurité, non seulement personnelle, mais, d’une manière plus profonde, en tant que membre de l’espèce humaine.
Ce qui compte, c’est ce qui pourrait arriver à l’espèce.
A ce niveau, les fonctions sont de nature génériques, partagées par tous les êtres humains et elles sont nécessaires à leur survie. Elles ont de nature compulsive, instinctuelle, automatique t répétitive. Elles sont aussi, pour la plupart, inconscientes, prises comme allant de soi et, pendant un long temps dans l’échelle évolutive, elles ont échappé à la direction de la volonté.

Niveau socioculturelle

Ce niveau est atteint quand les être humains à la recherche de sécurité sentent le besoin de s’unir. Naturellement, il y a des relatons au niveau biologique, mais elles sont soumises aux besoins de l’organisme, du corps. Il arrive toutefois un moment où  l’on donne une signification, une valeur aux relations qui transcendent le besoin biologique.
Quand cela arrive, l’être humain est plus qu’on organisme biologique, un corps; il devient une personne. On ne devient une personne que quand on participe, en tant que partie fonctionnelle, à une collectivité sociale.
Dans un premier temps, l’activité sociale n’est qu’une projection des fonctions biologiques. Mais avec le temps, le sentiment de relation se détache peu à peu de sa base biologique. On commence à cultiver le sentiment de relation, d’unité, au-delà de l’accomplissement de besoins strictement biologique. De cette manière on sonne au fait de la relation une signification collective. En augmentant la cohésion du groupe, cette signification rend l’activité du groupe plus efficace, mais élus efficace par rapport à ce que l’on considère comme l’unité du groupe. On donne à ce sentiment de «relations unifié» une formulation culturelle et religieuse; de cette manière, une culture particulière naît, avec ses rituels, ses mythes et ses symboles.
Aujourd’hui, la plupart des êtres humains sont encore contrôlés en premier lieu par les impulsions biologiques, modifiées qu’elles sont par des forces socioculturelles particulières. Ces forces se rapportent à un tempérament racial particulier et à un environnement spécifique qui, à travers des générations, ont produit une culture et un caractère collectif. Une culture a donc ses racines dans la biosphère et se base sur les fonctions du premier niveau qu’elle cherche à contrôler au moyen de croyances religieuses, de tabous et de suppositions mentales.
Au premier niveau, l’organisme opère en fonction de valeurs physiques. Au deuxième niveau, la conscience cherche à se libérer de la domination des rythmes et exigences biologiques. C’est cela l’œuvre d’une culture, qui permet de dépasser la domination de domaine physique et matériel de l’existence et d’affirmer petit à petit ce qui est le propre de l’homme: son mentat ou «mind»…
C’est au moyen du mentat (un état de pensée et d’intelligence), que l’homme dépasse ses motivations biologiques et s’établit à un niveau transphysique de conscience.
Ainsi, au niveau socioculturel, un être humain n’est plus simplement un organisme biologique; il commence à participer consciemment à un processus de relations interpersonnelles qui ajoute une nouvelle dimension à son existence. Des tabous socioculturels s’imposent aux instincts biologiques, comme Freud l’a démontré. Ces contrôles développent des conflits et les conflits conduisent souvent à de névroses. De ce point de vue, le caractère de quelqu’un est une forme stabilisée de névrose qu’on nomme aussi «l’ego». L’ego n’est pas une entité, mais une forme d’activité fonctionnelle qui change constamment selon les besoins momentanés de l’organisme et de son adaptation à l’environnement.
Au niveau biologique, l’activité d’un être humain est contrôlée par un pouvoir inhérent à l’espèce – non individuel.
Ce pouvoir est de nature générique et se manifeste sous forme d’instincts.
 Au niveau socioculturel, un être humain participe en tant que «personne» au champ d’activité limité et structuré de la société dans laquelle il est né et a été éduqué. Son mentat a une forme particulière, donnée par le langage particulier et par les croyances collectives qu’on lui a imposés.
On identifie la personne selon son clan, sa classe, sa religion; elle a un rôle à jouer et un nom qui représente ce rôle, Si la personne se conforme à ce rôle et à ce que la société attend ou exige d’elle, elle est en sécurité. Ainsi est ajouté un niveau socioculturel et éthique au niveau biologique; souvent les exigences des deux niveaux se heurtent et occasionnent des dérangements.
Dans nos sociétés actuelles, si une personne «normalement adaptée» fait l’expérience de conflits entre les impulsions biologiques et les patterns sociaux, il y a la religion qui cherche à établir une sorte de compromis harmonieux.
Cette personne veut être un «je» mais ce sentiment de «je» se base sur la place qu’elle occupe dans une famille et au sein de la société.
Ce sentiment est lié à un nom + son état civil et familial et son occupation; son sens d’identité est lié à ces étiquettes et nom.
Néanmoins, à la racine de ce «je», il y a ce qu’on appelle le «soi» - terme qui se prête à de nombreuses interprétations différentes. Pour Rudhyar, le mot soi se réfère au pouvoir qui établit la nature, le caractère essentiel, la fréquence vibratoire d’un organisme vivant.
Un animal n’a pas de soi individuel: le soi est générique. Mais chez un être humain, l’ipséité est potentiellement individualisée. Il y a un soi générique,  le propre de l’espèce Homo Sapiens ; mais, au cœur de chaque être humain, un soi individuel existe à l’état latent. Le soi est pouvoir, non pas conscience. La conscience est une expression de la totalité de l’être humain. Mais, au départ, cette conscience est purement biologique dans la vie. Il faut ajouter quelque chose à la «vie» pour rendre possible l’ipséité individuelle.
L’ego est un reflet du «soi»; il n’est pas pouvoir mais le reflet du pouvoir qui est au centre de sa conscience. En fait l’ego s’intéresse avant tout à ce qui se passe à la circonférence de l’être, là où la personne doit faire face et répondre aux pressions et impacts de l’environnement social, culturel et biosphérique.
L’ego est un mécanisme d’adaptation à l’environnement. Mais sans la présence agissante de soi, même si elle est subconsciente, l’ego ne pourrait défier les compulsions de la vie biologique.
Au sein de chaque système d’activité, organisé et structuré – que ce soit un atome, une cellule, un être humain ou une galaxie – il y a un principe de totalité qui est aussi un pouvoir d’intégration, une force agglomérante; Rudhyar l’appelle UN ou SOI. Ce n’est pas un UN, un SOI, parce qu’il n’a ni forme, ni attribut particulier. Il est, tout simplement, là où une entité quelconque existe, il est inhérent à toute entité. Sans lui, tout serait indifférencié, diffus – de l’espace abstrait et transcendant.
Le principe ou le pouvoir d’intégration de SOI est omniprésent, mais son mode d’opération diffère à chaque niveau d’existence. Puisqu’un être humain fonctionne et est conscient à plusieurs niveaux, il faut comprendre SOI d’une manière biologique, socioculturelle, individuelle et transpersonnelle. Mais il serait peut-être préférable de parler ici de plusieurs états d’ipséité, plutôt que d’un soi biologique ou individuel.
Jusqu’à nos jours, l’évolution humaine a voulu amener le sens de SOI des ténèbres inconscientes de la nature biologique à une condition de conscience toujours plus claire et plus inclusive…
Pendant longtemps, l’ego ne sait pas que SOI est la source de son pouvoir; il est trop occupé à s’adapter convenablement à l’environnement. Mais la destinée d’un être humain c’est d’être, tôt ou tard, une expression individuelle de SOI et  non pas un ego toujours plus fort. Aujourd’hui, on confond SOI et EGO et la société est un ego réflectif, construit par des egos, pour le lus grand plaisir d’egos, avec la prétention de permettre une « expression de soi », une « actualisation de soi », sans inhibitions. C’est de là que vient notre obsession de liberté, de libre arbitre, de droits individuels.
Ce que l’ego prend actuellement pour liberté, c’est en réalité l’anarchie. La Liberté de l’ego devient un esclavage à la contrainte de se sentir libre et indépendant à tout prix. SOI n’a pas besoin de prouver sa liberté, il est, tout simplement, puisqu’il ne se réfère ni à la conscience, ni aux relations, mais seulement au pouvoir – au pouvoir d’être ce qu’on est, en tant que vibration précise (ou ton) dans l’immense accord de l’humanité.

Niveau individuel

En parlant de l’ego, nous avons déjà parlé de ce niveau qui se réfère au processus de l’individuation. Historiquement, la tendance à l’individuation a ses racines dans l’enseignement du Bouddha en Inde et dans la Grèce antique. Ensuite, le Christianisme a dit que nous sommes tous «fils de Dieu». Dans nos sociétés occidentales, le point de départ pour chacun est la vie en tant que personne socioculturelle à qui on offre certains «droits» individuels. Cela pousse chacun à se faire valoir en tant qu’ego et l’oblige à entrer en conflit avec d’autres egos et avec tout ce qui, dans la société, est considéré comme un obstacle à sa propre liberté d’expression. Néanmoins, ce développement de l’ego n’est pas «mauvais» ; c’est une étape essentielle dans l’évolution de l’humanité: elle permet à l’homme de se libérer des compulsions rigides et au point de vue limitatifs de cultures particulières.
A ce troisième niveau, le «je» n’est plus un ego, au sens socioculturel du terme. C’est plutôt la réalisation profonde d’être séparé de la famille et de la culture qui ont produit le corps physique, le tempérament émotionnel et la structure mentale qui, ensemble, constituent la personnalité.
On se sent capable d’agir en tant qu’individu, sans être conditionné par des valeurs de sexe, de couleur, de race, de classe ou de religion.
Néanmoins, on est obligé d’affirmer cette nouvelle individualité au sein d’une culture particulière, de sorte qu’on se trouve en butte aux règles, tabous et suppositions mentales propres à cette culture. On ne peut plus résoudre ses problèmes sur une base acceptée par la collectivité, puisque les problèmes personnels ont un caractère éminemment antisocial, et anticulturel. Les relations interpersonnelles sont peu sûres, et même ambigües, puisqu’elles ne se basent pas sur les réactions acceptées par tout le monde au niveau socioculturel: elles sont sujettes aux caprices de réactions égocentriques et de sentiments personnels.
Un véritable individu est une force anti-culturelle puisqu’il peut défier la justesse des référentiels socioculturels de la société qui a conditionné son éducation. Il est théoriquement capable de choisir parmi une variété d’alternatives, même irrationnelles. Il n’est pas limité par les tabous et impératifs de sa culture.
Néanmoins à ce niveau, le «je» central a des difficultés à imaginer qu’il pourrait être «plus que je». La personne cherchera ardemment à accomplir sa personnalité; mais ce qui, en elle, dit «je» veut rester le pouvoir central. Autrement dit, la personne n’accepte pas les transformations suggérées
par Uranus, Neptune et Pluton, à moins que ces planètes n’agissent en tant qu’inspiration, illumination, expansion de conscience qui permettent à la personne de se sentir superbement unique et créatrice. La personne n’est pas encore prête à envisager une métamorphose complète, bien qu’une telle métamorphose représente l’étape humaine actuelle dans l’évolution de notre planète. Lhomme est de la matière planétaire en voie de devenir de l’énergie stellaire – lumière.
l est le «récipient alchimique» en qui la matière peut se transmuer en esprit.
Il faut dire que la vie au niveau individuel revêt une qualité de transition plus marquée qu’auparavant. A ce niveau, deux courants se rencontrent.
L’Esprit descend vers la matière pendant que la matière s’élève vers l’Esprit. L’individu véritable est ce lieu de rencontre – rencontre difficile, comme nous l’avons dit, puisque l’individu cherche généralement un accomplissement qui souligne son unicité. Il se cramponne à son identité et ne voit pas le pouvoir et la lumière qui «descend» à sa rencontre. Il reste fermé à tout ce qui n’est pas compris par le mental conscient.
La phase d’ouverture qui conduit au quatrième niveau est un processus difficile, souvent cathartique et critique. Pendant cette phase il ya un changement inéluctable du sens de tout ce qu’on a cru savoir jusque-là. On ressent des besoins nouveaux et  un nouveau genre de problèmes surgit, à partir du moment où on s’ouvre à la «descente» de forces spirituelles et supramentales. Ces problèmes se présentent au niveau du mentat et du «je».
Le mentat – mind – est un pouvoir,  point médiateur entre la matière et l’Esprit. C’est un «endroit» où ces deux courants se rencontrent et peuvent s’intégrer. Sa fonction est d’établir des relations entre des forces de polarités opposées qui se manifestent en formes et tendances très variées, chacune voulant résister au changement.
Dans un premier temps, le mentat se développe à travers les valeurs d’une culture. Il a besoin d’un langage et se sert de symboles pour communiquer des idées d’une génération à une autre. Il représente la v^conscience dans un état formé ou structuré, c’est-à-dire définie à un niveau particulier d’activité. Au fur et à mesure que l’homme passe d’un niveau d’activité à un autre, sa conscience, donc son mentat, change aussi. Au niveau biologique, le menat est soumis aux besoins et directives de la vie – la survie, la sécurité et la nourriture. Il est soumis à l’influence des valeurs collectives de culture au niveau socioculturel.
Si les sciences, les mathématiques, la physique atomique et l’astronomie intergalactique est nécessaire pour tenir tête au nouveau développement des fonctions du troisième niveau – celui de l’individualisation. Le processus de libération du mentat concret et instinctif qui Agit comme serviteur de la «vie», nécessite le développement d’une forme de pensée analytique et discursive qui est le propre de l’intellect. L’intellect est ici une fonction de transition entre le deuxième niveau et le troisième niveau. En ricipe, il n’est pas influencé par le émotions nées des pressions biologiques, psychiques et socio-politiques.
Grâce à lui on peut lier les générations et les continents. Mais, pour fonctionner en termes de «raison pure», il doit s’individualiser et devenir autonome.
L’emploi «rationaliste» de l’intellect doit être vu comme un pas intermédiaire entre son emploi au service des deux premiers niveaux collectifs entre son emploi au service d’un mentat sur-individuel, holiste.
A côté du mentat, on a besoin de l’individualisation qui permet à chacun de se considérer comme un centre particulier de conscience et d’activité. C’est-à-dire la rencontre de l’esprit et de la matière ne peut s’opérer qu’au niveau du mentat d’une conscience individuelle. Mais la rencontre transforme l’individu, qui agit dorénavant de manière transpersonnelle.
Le mentat d’une telle personne n’a plus besoin des symboles de la culture dans laquelle elle est née, bien qu’elle puisse les utiliser, puisqu’il représente une forme de conscience qui appartient à un niveau non seulement au-delà de l’ego, mais aussi de delà du « je ».
Quand on fait l’expérience « Je suis un être totalement intégré qui fonctionne de manière autonome, indépendante et responsable », ce la veut dire que le courant de l’évolution matérielle a atteint son point culminant. Cela veut aussi dire que ce que Rudhyar nomme UN ou SOI, sans article, est une présence dominante. Néanmoins, c’est un pouvoir dominé par la physicalité de ce qu’il a intégré. Il opère à travers un mentat lié aux symboles qu’il utilise. Et ce mentat ne se rend pas encore compte qu’il est un « lieu sacré » - un temple- où doit avoir lieu l’intégration ultime entre la matière et l’esprit.

Niveau transpersonnel

Quand on arrive à l’étape individuelle de l’existence humaine, il FAUT se poser des questions importantes: «Quel but sert le mentat? Quel but DOIVENT servir les formes psychiques qu’il a construites?» Ces questions créent une situation difficile et embarrassante parce que le mentat doit lui-même formuler les réponses à ses propres questions, car rien d’autre me peut le faire…
    Le mentat devient petit à petit conscient du but ultime et profond qu’il doit servir, à la suite de problèmes provoqués par l’insistance du « je » sur son unicité, face à la vie interpersonnelle  dans une société chaotique. Quand, en même temps, un autre genre de pouvoir,  agissant à travers l’âme, exerce une pression constante su le mentat, l’éveillant avec des aspirations ou des intuitions, ce mentat prend conscience de sa soumission  au centre « je suis », et aussi de sa fonction supérieure. L’impulsion agissant à travers l’âme le pousse à devenir « un lieu d’intégration » du haut et du bas, du divin et de l’humain.
Evidemment, la situation décrite ici n’est qu’une potentialité lointaine pour la plupart d’entre nous.
Néanmoins, pour résoudre les problèmes posés un niveau d’existence, il est essentiel d’envisager une étape plus loin que l’individuation. Une étape pendant laquelle il y aura interpénétration de conscience des participants à un même grand Tout, l’Humanité…
… Ce pouvoir du «je suis» n’appartient pas à l’ego et ce n’est pas l’âme qui génère le courant de pouvoir transformateur.  L’ego appartient au niveau biologique et socioculturel, tandis que le pouvoir transformateur vient de l’être planétaire, l’Humanité. Au niveau individuel, on prend conscience du « je suis » comme étant autre chose que l’ego conscient et, petit à petit, on prend aussi conscience de faire partie de ce plus grand tout, l’Humanité, au sein duquel on a une œuvre à accomplir…
L’interpénétration du mentat et de l’âme sera une expérience du quatrième niveau transpersonnel. Parce qu’un individu transpersonnel n’est pas encore un être transindividuel. Une personne transpersonnelle est sur le chemin de la transformation qui va conduire à une renaissance en tant qu’être transindividuel. Un être transindividuel n’est plus limité par le plan physique; il «existe» sur des plus subtils.
Alexander  Ruperti – Jurien- Juillet 1982.


 

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