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L'homme écartelé entre son Ascendant et son Descendant

Jung considère deux attitudes fondamentales, mais complémentaires à la vie: l’introversion et l’extraversion. Ni l’une ni l’autre n’existe à l’état pur.
Mais il existe une prédominance relative d’une de ces deux attitudes en chacun de nous.
ll y a, entre les deux, une différence essentielle: pour l’extraverti, il y a mouvement vers le dehors, intérêt pour l’objet et les relations ou valeurs objectives; tandis que, pour l’introverti, l’intérêt s’éloigne de l’objet et va vers le sujet qui s’intéresse surtout à ses propres processus psychologiques.
L’extraverti voit tout en fonction de sa conscience de ce qui arrive. Chaque attitude a une valeur relative.
L’introverti, centré dans sa propre subjectivité, possède une base tout aussi sûre, permanente et valable, que l’extraverti qui dépend de l’objet.

Pour établir de façon très générale, l’introversion ou l’extraversion dans un thème, on peut regarder la prédominance des planètes soit au-dessous, soit au-dessus de l’horizon. L’horizon, psychologiquement parlant, symbolise la conscience née du sens des différences. Pour la conscience humaine il y a, en premier lieu, ce que j’appelle «je» ou «moi» et, ensuite, tout ce qui, choses ou gens, n’est pas «moi».
Il y a donc opposition constante entre «moi» et toutes les entités qui se trouvent en dehors de «moi». Cette opposition est la signification de base des deux pôles – Ascendant (AS) et Descendant (DS) – de l’axe horizontal d’un thème astral.

Le travail de la conscience consiste à lier, d’une manière ou d’une autre, le moi et tout ce qui n’est pas le moi.

La conscience naît de l’interaction constante entre le moi et le non-moi, entre la perception de ce qu’on est – qui et quoi – et la perception de ce que sont toutes les autres personnes et choses.

Nous devons toujours garder à l’esprit que la réciprocité de l’Ascendant et du Descendant en tant que deux pôles de l’axe horizontal du thème. Nous ne pouvons jamais séparer ce que nous sommes individuellement (Ascendant) de la façon dont nous rencontrons les autres et le monde extérieur (Descendant).

Chaque pôle de l’axe horizontal doit être vu comme une forme de compensation psychologique pour les valeurs révélées à l’autre pôle. L’individu n’existe pas dans le vide; il se voit constamment modifié par ses rapports avec le non-moi. Quelques fois le moi est le pôle positif, d’autres fois ce sera le non-moi. Les échanges constants, dans lesquels le moi est tantôt actif, tantôt passif, sont les forces motrices nécessaires au développement de la conscience.

Pour Jung, persona et anima sont deux grandes figures qu’il est nécessaire d’appréhender si l’on veut s’individualiser.

La persona dans un thème astral se trouve sur le pôle de l’Ascendant et l’anima sur le pôle du Descendant. Tant qu’on n’a pas fait cette distinction entre ces deux fonctions (pôles), c’est eux qui organisent notre vie à notre place.

Faire la distinction veut dire prendre du recul pour observer les deux pôles. En prenant du recul on permet à un nouveau centre de gravité de commencer non pas à naître, puisqu’il est là depuis le début, mais à se développer. Ce nouveau centre de gravité, Jung l’appelle Soi. Certains l’appellent Bouddha ou Christ.

La persona, sur le pôle de l’Ascendant, est l’image idéale de l’homme tel qu’il devrait et voudrait être. Nous découvrons rapidement que l’admirable façade est en fait compensée par une «vie privée».

Jung - Dialectique du Moi et de l'inconscient – page 155

«L’élaboration d’une persona soumise aux normes collectives auxquelles elle satisfait constitue une concession ENORME au monde extérieur, un vrai sacrifice de soi-même, qui contraint directement le Moi à s’identifier avec la persona. Donner à l’adaptation au monde extérieur force de loi renforce la soumission et l’adaptation à ce monde qui incarne par délégation un absolu de l’esprit devenant une manière de «nécessité religieuse».
C’est ainsi qu’aujourd’hui, l’homme banal, sans qualité, qui s’est perdu dans l’agitation et les écartèlements de la vie contemporaine «sauve» certaines potentialités spirituelles de son âme.

Cette psychologie, toutefois en dépit de ses vertus substitutives, n’est pas sans inconvénients majeurs: elle renforce l’inconscience et bloque sur l’objet (extérieur) des qualités appartenant à la personne, ce qui interdit le dialogue de l’être avec soi-même.

Ces identifications avec le rôle social (persona) constituent une source abondante de névrose.

Dans la mesure où le monde sollicite insidieusement l’individu à s’identifier avec son masque, et dans la mesure où l’individu succombe à ces séductions celui-ci sera livré aux influences qui émanent du monde intérieur. Il en sera le plus souvent victime.
L’homme qui dans la vie sociale se présente comme «l’homme fort», «l’homme de fer» est bien souvent dans la vie privée, en face de ses sentiments et de ses états d’âme, comme un enfant. La discipline qu’il affiche (et qu’il exige tout particulièrement des autres) se trouvent dans le privé, honteusement et caricaturalement contredite et bafouée.

Pourquoi?

Parce qu’il est indispensable en vue de l’individuation, de la réalisation de soi-même, qu’un être apprenne à se différencier de l’apparence qu’il incarne aux yeux des autres et à ses propres yeux, de même il est indispensable, dans un but identique, qu’il prenne conscience du système interrelationnel invisible qui relie son Moi et son inconscient, à savoir son anima.

Pour ce qui est de la persona, il est naturellement relativement simple de faire percevoir clairement à quelqu’un que sa fonction et lui sont deux choses différentes.

Pour ce qui est de l’anima par contre, le pôle du Descendant dans un thème, on ne parvient à se différencier d’elle qu’au prix des plus grands efforts, pour la bonne et simple raison précisément qu’elle est invisible et difficilement discernable.

Les facteurs inconscients sont des données qui exercent des pouvoirs tout aussi conditionnants que les forces et les grandeurs qui régularisent la vie de la société.

Dès lors, de même c’est grâce à ce lien secret que je puis distinguer ce que ma fonction exige et attend de moi (Ascendant) de ce que je veux, je puis apprendre à faire la distinction entre ce que je veux et ce que mon inconscient (Descendant) à tendance à m’imposer.

Chacun  a un sentiment de ce qui devrait être, de ce qui pourrait être, de ce qu’il pourrait être.

Ne pas tenir compte de cette intuition, s’en écarter et s’en éloigner, c’est faire fausse route, c’est s’engager dans la voie de l’erreur et, à plus ou moins long terme, déboucher dans la maladie.

Ce lien secret et souterrain entre les tendances contraires semble avoir une importance que l’on ne saurait surestimer. Sur le plan phénoménologique d’abord: c’est lui qui réunit les contraires en des paires opposées; sans lui, il n’y aurait dans l’individu qu’un conglomérat de forces écartelantes occasionnelles, anarchiques. C’est ce lien qui unit ces forces et les structures en des couples de facteurs opposés, écartelants certes toujours, mais formatifs et équilibrants aussi.

De la qualité de ce lien entre les forces contraires qui habitent un individu, beaucoup dépendra. Si ce lien fait défaut plus que de raison, plus que de nature, l’être mental se dissociera en éléments dès lors sans rapport les uns avec les autres; c’est l’incohérence, la folie, et le monde de la schizophrénie. Si ce lien est trop étroit, manquant de souplesse et d’élasticité, il déterminera rigidité psychologique, raideur du comportement et de la pensée.

Ainsi donc, l’équilibre de l’être nous semble dépendre pour une bonne part de la qualité de ce lien qui unit les contraires: s’il est excessif, il entraîne l’ankylose et la paralysie de l’obsession, bloquant la vie présente et l’évolution de la personnalité. Si par contre, il est en juste quantité et de qualité, il assurera un équilibre souple, une démarche aisée entre les pôles contraires.

Il est donc important de percevoir clairement la différence entre son Moi, sa persona et son anima.

Car quand l’anima se met à la traverse des intentions les meilleures du conscient, suscitant une vie privée qui contraste de la façon la plus pénible avec le clinquant et les dorures de la persona, les choses se passent comme si, toutes proportions gardées, un homme naïf qui n’aurait pas la moindre idée de la persona et des nécessités de la vie sociale commettait dans le monde les impairs les plus malencontreux.

Prenons l’exemple de cet homme honorablement connu et sans tache, qui a la réputation d’être un bienfaiteur, mais  face auquel sa femme et ses enfants vivent dans la crainte à cause de ses humeurs capricieuses imprévisibles et de ses explosions de colère. Quel rôle joue l’anima dans un cas de cette sorte?

Manifestement l’anima essaie d’imposer une séparation entre cet homme et sa famille. L’anima s’insinue entre cet homme et sa famille comme une amante jalouse qui veut détourner cet homme de sa cellule familiale.

C’est parce que cet homme ignore son anima, ce pont relationnel avec son inconscient, que cette fonction psychologique devient jalouse. Cette fonction exige d’être reconnue, sinon elle va saboter la vie de cet homme.

Pour une femme, c’est la même chose, son animus va lui jouer des tours tant qu’elle ne l’aura pas reconnu.

 

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